Depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A et du LDDS est passé à 1,70 % net. Un niveau parmi les plus bas de son histoire récente, et qui sera réexaminé dans six mois — sans garantie qu’il remonte.
Ce constat n’est pas une critique du Livret A : pour votre épargne de précaution, celle qui doit rester disponible à tout moment (l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses, généralement), c’est toujours l’outil le plus adapté. Sécurité totale, disponibilité immédiate, aucune fiscalité.
La question se pose différemment pour la partie qui dépasse ce matelas de précaution. Beaucoup d’épargnants continuent d’y laisser des sommes bien supérieures, par habitude ou par prudence — sans avoir nécessairement comparé ce que cela leur coûte face à des alternatives qui restent, elles aussi, dans une logique de risque mesuré.
Rester dans sa zone de confort : ce que ça veut dire concrètement
Chaque support d’investissement est classé selon un indicateur de risque réglementaire, le SRI (Synthetic Risk Indicator), noté de 1 (risque très faible) à 7 (risque très élevé). Le Livret A, à capital garanti par l’État, se situe au niveau 1.
Les trois pistes présentées ci-dessous se situent entre le niveau 2 et le niveau 3 : on ne parle donc pas d’un grand écart de risque, mais de solutions qui restent prudentes tout en offrant un potentiel de rendement supérieur. Ce n’est pas un arbitrage entre sécurité totale et prise de risque — c’est un éventail de nuances entre les deux.
Trois pistes à connaître
Le fonds en euros (SRI 1-2)
Support historique de l’assurance vie et des contrats de capitalisation, le fonds en euros garantit le capital net de frais de gestion. En 2025, il a rapporté en moyenne 2,6 % (contre 1,7 % pour le Livret A), certains contrats dépassant 3,5 %.
Ce qu’il apporte : une sécurité proche du Livret A, une liquidité totale, et une fiscalité qui s’allège avec le temps — après 8 ans de détention, un abattement annuel s’applique sur les gains retirés.
Point de vigilance : le rendement varie sensiblement d’un contrat à l’autre — le choix de l’assureur et du contrat a un impact réel sur le résultat.
Le fonds obligataire daté (SRI 2-3)
Ce support consiste à prêter de l’argent, via un panier diversifié de 50 à 100 émetteurs (entreprises ou États), pour une durée déterminée à l’avance — généralement une échéance fixée entre 2028 et 2030. Les objectifs actuellement communiqués tournent autour de 4 à 5 % brut sur la durée visée ; une fois les frais de gestion annuels déduits (environ 1,5 % en moyenne lorsqu’il est logé dans une assurance vie ou un contrat de capitalisation), l’objectif ressort plutôt autour de 3 % net.
Ce qu’il apporte : un objectif de rendement identifié dès le départ, et une diversification qui limite l’impact d’une éventuelle défaillance isolée.
Point de vigilance : le capital n’est pas garanti — cet objectif de rendement n’est ni contractuel ni assuré. C’est un placement obligataire, pas un placement bancaire.
La SCPI, logée en assurance vie (SRI 3)
La SCPI permet d’investir indirectement dans un parc immobilier diversifié — bureaux, commerces, logistique, résidentiel — sans les contraintes de gestion d’un bien détenu en direct. Logée dans une assurance vie plutôt que détenue en direct, elle bénéficie en plus de la fiscalité et de la liquidité de l’enveloppe — c’est exactement cette configuration (SCPI logée en assurance vie) que nous retenons ici.
Prenons l’exemple d’une SCPI qui affiche un taux de distribution de 6,50 % en 2025 (brut des frais de gestion de l’enveloppe). Une fois logée en assurance vie et les frais de gestion annuels du contrat déduits (environ 1,5 % en moyenne), le rendement ressort plutôt autour de 5 % net. C’est un exemple parmi d’autres — nous y reviendrons plus en détail dans un prochain article.
Point de vigilance : ni le capital ni le rendement ne sont garantis pour l’avenir — un historique favorable ne se répète pas mécaniquement — il y a des frais d’entrée, et l’horizon de placement recommandé est de 10 ans minimum.
En résumé
| Support | SRI | Rendement récent (indicatif) | Capital garanti | Liquidité |
| Livret A / LDDS | 1 | 1,70 % net | Oui | Immédiate |
| Fonds en euros | 1-2 | ~2,6 % en 2025 | Oui (net de frais) | Totale |
| Fonds obligataire daté | 2-3 | ~3 % net* (objectif 4-5 % brut) | Non | Faible avant échéance |
| SCPI (en assurance vie) | 3 | ~5 % net* (6,50 % de distribution brute en 2025) | Non | Selon l’enveloppe |
*Chiffres 2025, non garantis et non représentatifs des performances futures. Nets estimés après ~1,5 % de frais de gestion annuels moyens de l’enveloppe, pour rester comparables au Livret A et au fonds en euros (déjà nets).
L’écart en euros, sur 20 000 € et 10 ans
Pour rendre ces écarts de taux plus concrets, voici ce que deviendraient 20 000 € placés pendant 10 ans sur chacun de ces supports, en supposant — c’est une hypothèse, pas une prévision — que les rendements récents se maintiennent sur toute la période :
| Support | Hypothèse de rendement annuel | Valeur au bout de 10 ans* | Gain |
| Livret A / LDDS | 1,70 % (taux actuel, maintenu par hypothèse) | 23 672 € | + 3 672 € |
| Fonds en euros | 2,6 % (moyenne 2025) | 25 853 € | + 5 853 € |
| Fonds obligataire daté | ~3 % net (objectif 4-5 % brut, milieu de fourchette, non garanti)** | 26 878 € | + 6 878 € |
| SCPI (assurance vie) | ~5 % net (6,50 % de distribution brute en 2025) | 32 578 € | + 12 578 € |
*Simulation avant fiscalité de sortie, qui diffère selon l’enveloppe et la durée de détention.
**L’échéance réelle d’un fonds obligataire daté est généralement plus proche de 5 ans que de 10 — cette simulation suppose un réinvestissement à un taux équivalent pour la seconde moitié de la période. Les rendements du fonds obligataire daté et de la SCPI sont ici nets d’environ 1,5 % de frais de gestion annuels moyens de l’enveloppe (assurance vie/contrat de capitalisation), pour rester comparables au Livret A et au fonds en euros, déjà nets.
Ce qu’il faut garder en tête
Les rendements passés ne préjugent jamais des rendements futurs, et chacune de ces pistes comporte un niveau de risque — mesuré, mais réel — que le Livret A ne comporte pas. Le bon dosage dépend entièrement de votre situation : montant déjà disponible en épargne de précaution, horizon de placement, autres investissements déjà en place, fiscalité personnelle. Il n’y a pas de réponse universelle.
C’est précisément le genre de question qu’un point rapide permet de clarifier. Si vous voulez évaluer où se situe votre propre « zone de confort » et ce qui, dans votre situation, mériterait d’en sortir un peu — ou pas du tout —, un échange de 30 à 45 minutes suffit généralement à y voir clair.
Pour aller plus loin : découvrez notre approche de l’assurance vie et notre approche des SCPI chez Béreux Capital.







